Banane je te conchie et te conspue ! 

Mes sœurs et consœurs , mes toutes délicates,  mes douces au plumage moiré et j’en passe, il se trame dans notre dos , des choses innommables. 

À l’heure où j’écris ces quelques lignes et alors que le monde et l’humanité toute entière vaque à ses occupations ( la pluspart du temps sans grands intérêts , et je sais de quoi je parle ) quelques pitoyables créatures tentent de nous convaincre du retour de….oserais je l’écrire ?! …..la banane . 

OUI  pintades miennes,  vous avec bien lu : on nous  » distrait » au sens Pascalien du terme, on nous occupe avec des soucis matériels misérables, on égare  nos esprits avec des préoccupations navrantes , on nous étourdit d’informations creuses et médiocres et pendant ce temps…. La banane refait surface ! 

Tremblez Galliformes !!  L’histoire de l’humanité a prouvé en maintes occasions que c’est lorsque le monde va mal que les plus grandes catastrophes éclosent : la prise d’Orleans par les anglais dans un pays dirigé  par un Roi sans envergure ni courage ( Charles VII pour celles que ça intéresse) ,  la prise de la Bastille et la chute de la monarchie dans une France affamée et excédée , la montée du nazisme dans une Allemagne exsangue,  la naissance de  » Loft Story  » dans une nation dévastée par le chômage, et maintenant , en ce début de XXI eme Siècle : la Banane . 

Voici donc ce que certains créateurs mal intentionnés nous proposent en terme de re-visitation bananesque : 

Malgré les pompons et autres fanfreluches, probablement destinées à nous enduire d’erreur, c’est bien une banane que nous propose Nicolas Ghesquière chez Vuitton: 

 

Un modèle qui s’assume chez CELINE : aucun pompon pour cette banane qui s’affiche dans toute sa sobriété …et sa laideur! 

  

Chez KENZO, une robe ravissante ( j’adooooooore ) massacrée par une banane au style très monacal…

  
BALENCIAGA , nous propose une  » banane de nuit  » très pratique pour ranger somnifères, crème pour les pieds, boule-quiès, etc…

  

Loin des podiums , portée  par Rihana qui incarne le chic à la française ( nan je déconne ! ) la banane  n’en est que plus repoussante encore ! Vous remarquerez sur ce modèle les symboles argentés qui représentent des dollars : la banane quitte son domaine de prédilection qu’est la beauffitude pour aller dans celui de la vulgarité ….

  
Et ce n’est pas parce qu’on aborde un double C croisé qu’on devient une banana-chic ! Non madame, laide vous fûtes , laide vous resterez, toute Chanel que vous soyez! 

 

Finalement, je pense que j’ai plus d’indulgence pour la banane qui ose s’afficher au naturel , sans marque prestigieuse ni logo, sans podium ni mannequin, la banane décomplexée , celle qui  regarde droit dans les yeux le joli sac Fendi qui se balance à notre bras et lui dis, l’air narquois:   » Ouais chuis moche et je t’emmerde !  » 

  

La mode et les années 50 , histoire d’une rencontre au sommet….

Les années 50 sont à la mode ce que la torture est au Moyen-âge : un aboutissement parfait, jamais égalé ….

C’est très étrange mais cette décennie qui se situe  entre les années 40 et les années  60 (  le calcul mental est un de mes points forts ) est une sorte de période de grâce  dans l’univers de la mode . 

Nous sortons d’une sorte de No man’s land  modeux , le style vestimentaire est relégué fort loin derrière les préoccupations de la guerre et  les conséquences de celles-ci  rendent les désirs des femmes compliqués voir impossibles : va trouver  de la dentelle où de la soie en temps de restriction ….et va essayer de coudre une robe en rutabaga !!

1950 marque le début de la reprise d’une vie légère et insouciante , les horreurs de la guerre s’éloignent peu à peu et la pintade , qui commence à reprendre de la plume de la bête , a envie d’être belle, de danser, de séduire , de fumer ( ! ) , de conduire ( !! ) ….bref, on n’arrête plus la pintade d’après-guerre ! 

Concrètement on passe en quelques années de ça à ça : 

  
On délaisse le compensé pour le talon aiguille, le col fermé pour les cols échancrés devant ET derrière , la taille se resserre grâce au corset : la pintade des fifties doit ressembler à un 8 ! Les robes et les jupes sont très évasées et ondulent autour de jambes interminables : 

   

Soit, au contraire,  se resserrent pour un effet très près du corps et….très sexy : 

  Le corset devient un accessoire indispensable et très glamour que l’on va très vite associer à la célèbre  » Pin up  » née aux Etats-Unis …

  
Et pendant que la pintade corsetée se pavane sur les Grands Boulevards, attirant à elle moult regards de pintadons en émoi,

À Hollywood, les stars telles que Audrey Hepburn ( qui devient l’égérie de Givenchy ) , Marylin Monroe, Lauren Bacall , Grace  Kelly , Liz Taylor et j’en oublie, imposent un style glamour et ultra féminin avec des robes corolle , des gants qui montent jusqu’au coude ,  des jupes crayons ultra moulantes arrivant à mi-mollets . 

La quintessence de ce look très pointu et ultra sophistiqué s’incarne à merveille chez Grace Kelly dans les films qu’elle tourne  sous la direction d’ Hitchcock et  plus précisément dans  » Fenêtre sur cour  » où elle atteint des sommets de chic pintadesque…

   
    
 

Mais en France, nous ne sommes pas en reste et avons à cette même  époque des icônes qui,  en terme de féminité et de glamour-chic , en imposent au reste du monde et bien entendu au premier rang de ces icônes , en tête de ( gondole ? ) liste , le summum de la féminité , la quintessence de la beauté , le paroxysme de l’érotisme : 

J’ai nommé : Brigitte Bardot 

   
 
BB a déjà tout compris : L’imprimé Vichy , on n’a rien trouvé de mieux en terme de baby érotisme …le Vichy, c’est Bardot, le Vichy ça fait bander . CQFD . 

Mais BB c’est aussi la ballerine REPETTO , qu’on ne présente plus puisque nous toutes, pintades dociles , avons compris depuis longtemps que nous nous devions d’avoir une ( où plusieurs ) paires de ballerines REPETTO dans nos armoires. 

Attention !! Il est toutefois une pièce que nous ferons en sorte d’oublier au plus vite et qui est absolument indigne des fifties , un vêtement qui n’aura pas du tout, mais alors pas du tout , marqué cette décennie : le jean ! 

On ne va pas s’appesantir n’est ce pas ? Même à 2,47 $ c’est non ! 

  
Il est un autre sujet que je n’ai pas abordé volontairement : c’est celui de la mode masculine dans les années 50 , car voyez-vous , hormis le marcel blanc de Marlon Brando dans  » Un tramway nommé désir  » ( 1951 ) , la mode masculine ne m’a pas marqué . Quoique….en matière de maillot de bain…

  

Cessez de ricaner comme des bossues et parlons peu mais parlons bien mes emplumées :

 comment en 2016, adopter un look année 50 sans donner l’impression qu’on vient de s’échapper du dernier épisode de  » Mad men  » , car ce look là , bien que ravissant , est difficilement portable dans la vie de tous les jours : 

  
Adapter le look fifties en 2016 est chose aisée : on trouve les pièces basiques un peu partout : 

– les robes corolle sont nombreuses sur les sites internet comme  » monshowroom » ou » place des tendances » ainsi que chez  » Asos  » . 

 Quelques exemples de pièces disponibles actuellement et à des prix sympas car soldées  : 

   
  

    
  Celle-ci n’est pas à proprement parler un robe corolle mais je la trouve très belle et avec une vraie gueule année 50 : c’est mon coup de cœur !   

– les jupes crayon : on en trouve PARTOUT ! Et pas de look années 50 sans une jupe crayon :  allez jeter un œil sur l’article que j’ai écrit précédemment sur l’indispensabilité ( en français dans le texte )  de la jupe crayon . Rubrique P.P.P .

– des escarpins : certes , le look  fifties s’accorde avec toutes les hauteurs de talon ainsi qu’avec la ballerine mais n’hésitez pas à viser haut mes pintadounes : pensez Grace Kelly , pensez Dita Von Teesse , l’incarnation de la fiftitude ( en anglais dans le texte ) et à propos de D.V.T : 

   

 

Pour le plaisir …. La robe année 50 vue par Dior ( défilé Printemps-été 2013 ) 

  
Avant de conclure , je ne pouvais pas terminer  cet article sans vous montrer deux photos que je trouve merveilleuses : 

Françoise Sagan en 1954, des vêtements très simples mais une allure folle …  


Et une photo qui illustre à elle seule l’élégance , la joliesse et le raffinement des années 50 : 

 

 
 

Genèse de la joursette .

Il est certaines choses que l’on pensait immuables, des évidences jamais remises en question, des concepts validés et entérinés , des axiomes imprescriptibles ….jusqu’au jour où ! 

Jusqu’au jour où on vous assène une vérité à laquelle vous n’étiez nullement préparée et qui va , désormais, bouleverser votre vie , tout au moins votre dressing, ce qui revient au même…

 » Le port ( grouiiiiiik ) de la nuisette n’est plus réservé à la nuit mais à la journée  » 

Autrement dit, la nuisette sort de son alcôve sombre et feutrée pour venir se pavaner en plein jour ! Terminée la petite nuisette négligemment enfilée avant de se coucher , la timide nuisette cachée sous l’oreiller , la prude nuisette en coton ! 

La nuisette en 2016 ( et à vrai dire cela remonte déjà à quelques années en arrière ) est un Must Have que toute modeuse qui se respecte doit avoir dans son dressing ! La nuisette gagne ses lettres de noblesse : terminé de se voir roulée en boule sous l’oreiller , arrachée rapidement par un mâle en rut , tachée de crèmes anti-cellulite, et pas uniquement de crème ( clin d’œil grivois ) , pour finir en chiffon sous l’évier …

La nuisette est morte vive la Joursette !!

La joursette , contrairement à son obscure aïeul , arpente joliement les trottoirs : 

   
   
Mais aussi les tapis rouges : 

 Ici : sur Léa Michelle  

Sur Rosie Huntington-Whiteley 

Sur Naomi Watts ( mon coup de cœur : le modèle est très chic et sublimement porté )   

Sur Katy Perry : très années 20. 

Sur Asia Argento : très glamour-chiennasse ….   
Mais non contente de s’approprier les stars, la joursette accapare également les couvertures de Vogue :

   
 

Et les campagnes de pub…ici pour Louis Vuitton, shootée par Steven Meisel , dans une ambiance année 50 . 

  

La joursette est également présente sur les défilés de haute couture ( collection été 2016 ) 

Chez Givenchy  :
 

Chez  Celine :

  

Chez Givenchy, Calvin Klein et Alexander Wang ( de gauche à droite ) :

 

Chez Vuitton ( mon coup de cœur !) 

  

Et je ne suis visiblement pas la seule à avoir flashé sur ce modèle ….( en revanche je pense être la seule à ne pas pouvoir me l’offrir ) 

Portée par Vic Beckham   

  

Portée par Kate Moss 

  
Ramenons la Joursette dans des strates moins élevées et voyons à présent comment nous, simples pintades à la bourse modeste, nous porterons cette petite pièce à la carrière fulgurante ( je suis sûre qu’elle a dû coucher et pas qu’une fois pour en arriver là cette sal… ) mais je m’égare…

La bonne nouvelle c’est que l’on trouve des joursettes un peu partout et à des prix très corrects . 

Exemple: chez Asos , cette joursette a 26,99€ : 

  
Attention toutefois de ne pas tomber dans le cheap en achetant un modèle à bas prix avec un tissus trop brillant où une dentelle de mauvaise facture. 

Attention également à ne pas tomber dans la vulgarité et le pouffianisme ! Jamais , jamais, ô grand jamais ça : 

  
Sauf pour rester à la maison et attendre le pintadon dans le but de lui faire voir du pays. ( attention toutefois : certains pintadons  peuvent perdre tous leur moyens à la vue de cet…de ce….de vous déguisée en sous-Eva Longoria) 

La Joursette doit être portée avec des pièces plus masculines pour casser son côté ultra féminin et glamour :

 Bottes et gros pull..  Tennis et perfecto  : 

  
Buccolique à souhait : pieds nus, panier et chapeau de paille :

  
Bien entendu vous pouvez la féminiser avec des talons mais évitez les 12 cm , choisissez du talon mi-haut . 

Nan ! pas mi-haut comme ça stupididiotes ! 

  
 
Quelques bijoux tout fins, un maquillage léger, un chignon lâche :  vous voilà parée ,vous et la  joursette, pour de nouvelles aventures trés pidantes!